Ecrit par Bill Mann • Le 05/12/2014

Au musée d’Orsay, du déjeuner au bal

Deux tableaux majeurs du Musée d’Orsay étaient au menu du premier événement Edenred : le « Déjeuner sur l’herbe » de Manet et le « Bal au Moulin de la Galette » de Renoir.

Avantages salariés . Inspiration. Accompagnement du changement

Deux tableaux majeurs du Musée d’Orsay étaient au menu du premier événement Edenred : le « Déjeuner sur l’herbe » de Manet et le « Bal au Moulin de la Galette » de Renoir. Ces deux tableaux présentent plusieurs avantages : ce sont des œuvres fortes, leur format et leur accrochage permettent de bonnes conditions d’observation.

Déjeuner sur l’herbe avec Manet

Le Déjeuner, initialement appelé « le Bain » par Manet, fut rendu célèbre par le rejet dont il fit l’objet lors de sa présentation au Salon de 1863. Le jury de cette grande manifestation organisée par le Second Empire avait jugé l’œuvre scandaleuse. En observant ce tableau, on peut comprendre les raisons de ce rejet :

  • La présence d’une femme nue dans un sous-bois entourée de deux messieurs bien habillés laisse imaginer une circonstance peu morale
  • La femme nue n’est pas une Vénus idéale mais une femme réelle au physique commun
  • La juxtaposition violente de surfaces noires, vertes et claires paraît particulièrement sommaire
  • Le tableau présente simultanément des parties très achevées et d’autres ébauchées
  • L’utilisation d’un format imposant pour un sujet jugé « bas »

Pourtant, Manet s’était inspiré d’une composition de la Renaissance italienne pour concevoir son Déjeuner. Mais quitter l’abri de la beauté idéale pour produire une scène contemporaine triviale ne lui sera pas pardonné.

Un réalisme étrange

A la suite de Courbet, Manet s’inscrit dans une veine réaliste. Mais il s’agit ici d’un réalisme étrange… car l’interprétation du sujet est tout sauf évidente. La femme nue regarde le spectateur d’un air ingénu, comme si ni la pudeur ni la concupiscence n’étaient de ce monde. Le spectateur ainsi interpellé peut lui-même se sentir gêné par ce regard qui interroge le sien.

Le refus du tableau par le Salon lui conféra une publicité inespérée. Manet devint le représentant emblématique de l’avant-garde artistique, secouant le goût officiel (qui était aussi le goût général) et son garant : l’Académie.

Renoir au Bal du Moulin de la Galette

Avec Renoir nous abordons un registre bien différent. L’artiste s’inscrit dans la lignée d’une peinture réaliste, mais il s’agit là d’un réalisme beaucoup plus limpide. Le Bal fut peint à Montmartre en 1876 et exprime la quintessence de l’art de Renoir. La touche impressionniste fait vibrer la toile et donne la sensation du mouvement.

Un beau dimanche après-midi d’été, la jeunesse parisienne se retrouve au Moulin de la Galette pour danser et s’amuser. Sur la gauche, les couples enlacés évoluent sur la piste au son d’un orchestre lointain. A droite, autour d’une table garnie de boissons, six jeunes gens discutent entre eux. Au centre, un rêve de jeune fille expose sa beauté et sa fraîcheur. La discussion est enjouée…

Une immense et merveilleuse fête galante

Renoir est le peintre de la joie de vivre, et l’amour des femmes est son unique sujet. Au fil de l’observation, le Bal apparaît alors pour ce qu’il est : une immense et merveilleuse fête galante.

Cette œuvre ambitieuse par son format et la complexité de sa composition est l’un des grands chefs d’œuvre de Renoir. Il fut acheté par son ami le peintre Caillebotte qui le légua par testament à l’Etat.

 

Stéphane Coviaux est le cofondateur des Ateliers du Regard ((www.lesateliersduregard.fr)). Il propose aux entreprises des activités de cohésion d'équipe, des événements d'entreprise et des formations managériales, fondés sur une approche nouvelle de l'art. Il est l’auteur d’un livre sur les Annonciations de Fra Angelico (Devant l’Epouse, éditions Médiaspaul, collection les Jardins du Regard), et de nombreux articles d’analyse d’œuvres d’art.

 

 

Auguste Renoir - Wikimedia Commons