Ecrit par François Jeanne • Le 18/02/2015

Cas’Azzura, à un « jet » de la Grange à scooters

Petite virée en proche banlieue parisienne pour un « J’irai déjeuner avec vous », en bleu de chauffe, en compagnie des mécaniciens et de la gérante de la Grange à Scooters.

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Petite virée en proche banlieue parisienne pour un « J’irai déjeuner avec vous », en bleu de chauffe, en compagnie des mécaniciens et de la gérante de la Grange à Scooters. Un repas solide, avec des convives chaleureux qui savent parler avec simplicité de leur métier.

Par François Jeanne, reporter pour Manager Attitude

Décidément, les restaurants italiens ont les faveurs des clients du Ticket Restaurant®. Peut-être que leur cuisine roborative y est pour quelque chose ? Les plats de pâtes ou les pizzas généreuses déliraient-ils plus facilement les langues que la cuisine macrobiotique ? Nous sommes bien loin de ces considérations, lorsque nous nous attablons, ce 13 février – une vraie chance – chez Cas’Azzurra à Levallois Perret, à quelques centaines de mètres de la Grange à Scooters.  Une petite marche depuis Clichy qui se justifie, selon Grégoire Laboureur, l’adjoint de la gérante Alexandra Perianen, par « le manque de restaurants de qualité à proximité immédiate du garage. Comme nous avons une terrasse pour manger, un four micro-ondes et un réfrigérateur, nous préférons souvent aller acheter quelques plats surgelés ou chez des traiteurs à côté. D’autant que nous pouvons régler la note avec nos titres restaurant. Et puis de temps en temps je vais déjeuner avec mon père, qui n’habite pas loin et qui sait cuisiner».

Le Ticket Restaurant, un joker bienvenu dans le quartier

Comme prévu, c’est l’option pizza et dessert qui l’emporte chez les convives. En face de moi, Daniel Paolo, le chef d’atelier, me confirme que même pour un vendredi, « ce ne sera pas poisson pour moi ». C’est qu’il a l’air de savoir ce qu’il veut… et ne veut pas ! Qui prendrait le risque d’ailleurs, de lui déplaire, avec une telle carrure ? Pas les clients de l’atelier en tous cas, dont il note avec plaisir qu’ils sont plutôt faciles, « surtout les scooteristes, bien moins casse-pieds que les motards. Ceux là s’aiment un peu trop, et leurs engins aussi. Le propriétaire de scooter, lui, fait dans l’utile et dans l’efficacité quand il vient au garage ».

Sa voisine, Jennifer, confirme d’un hochement de tête. Mais au fait, est-ce si facile pour une femme de travailler dans un atelier ? « Le monde des mécanos est encore macho », reconnait-elle. « Mais c’est ce métier là que je veux faire depuis longtemps. En fait, je me suis lancé dans un CAP puis en apprentissage après le collège et, jusqu’à maintenant, j’ai toujours pu trouver des postes intéressants ». Daniel la rassure : « Mais non, nous ne sommes pas machos. Ce sont juste des blagues ». Une tradition à entretenir, si je comprends bien ! Avec tout de même un fond d’inquiétude car, quelques minutes plus tard, il se penche vers moi et me confie : « tout de même, c’est un métier difficile pour les femmes, avec toutes ces charges lourdes à porter, le dos souffre ».

Le globe-trotter se pose à Clichy

Grégoire n’a pas suivi le même parcours. Sa formation initiale est commerciale, avec un BTS de management et un master de marketing, mais aussi « de nombreux boulots depuis que j'ai 16 ans. Après mon master, je suis entré au Petit Futé, et suis parti pour eux en Nouvelle Zélande avant de passer 6 mois en Australie ». Revenu en France avec l’idée de monter une chaine de restauration rapide, c’est finalement à la Grange à Scooters qu’il atterrit. D’autant plus volontiers qu’il avait déjà travaillé un été avec Alexandra Perianen.

Il ne regrette pas son choix puisqu’aujourd’hui, il est associé de l’entreprise, dans un rôle de gestion de la relation avec les clients : « Je ne suis pas mécanicien à la base, mais tout m'intéresse, et je veux être en mesure de comprendre et d'aider quand il le faut ». Un credo que Hamida Chafnou, chef des ventes à distance TPE-PME d’Edenred, prendrait volontiers à son compte : « je suis vraiment ravie de partager ce repas avec les représentants d’une TPE. C’est un moment rare et utile, pour pouvoir comprendre les besoins quotidiens d’une entreprise et de ses collaborateurs, et ses questions par rapport au Ticket Restaurant et à la dématérialisation par exemple ».

Le coût de la panne

Alexandra Perianen n’en est pas encore à penser à la Carte Ticket Restaurant, mais cela ne l’empêche pas de s’intéresser à la technologie, en l’occurrence à ce qui bouge dans l’univers du scooter, à savoir l’apparition de modèles électriques : « c’est vraiment très séduisant et nous constatons aujourd’hui un intérêt croissant de nos clients, jusqu’alors séduits plutôt par des modèles à moteurs thermiques ». Il faut dire qu’en région parisienne, avec l’autonomie d’une centaine de kilomètres proposée par les constructeurs de scooters électriques, et des recharges de plus en plus faciles, y compris en ville sur des emplacements Auto’Lib, les réticences historiques tendent à se réduire.

Reste à savoir si la fiabilité sera au rendez-vous. Un sujet que connait bien Daniel Paolo, pour qui « tous les possesseurs de scooters doivent savoir qu’entre les plans de révision, les pannes moteurs s’ils forcent trop sur la manette ou encore les pneumatiques à changer régulièrement, leur coût au kilomètre ne sera pas si éloigné de celui d’une voiture ». Il n’y a certainement pas là de quoi se résoudre à redevenir un automobiliste coincé dans les encombrements parisiens. Mais au moins de quoi ne pas connaître de trop mauvaises surprises !