Ecrit par Bill Mann • Le 07/04/2016

Diabète et vie professionnelle

Première maladie chronique de France avec près de 3 millions de personnes traitées, le diabète impacte les employeurs, les employés et les personnes en recherche d’emploi. Le nombre de travailleurs diabétiques français était estimé à 1.330.940 en 2010.

Avantages salariés . Santé. Handicap. Discrimination

Première maladie chronique de France avec près de 3 millions de personnes traitées, le diabète impacte les employeurs, les employés et les personnes en recherche d’emploi. Le nombre de travailleurs diabétiques français était estimé à 1.330.940 en 2010.

Le diabète, première maladie chronique en France

20% de la population est concernée par une maladie chronique, et le diabète est la première d’entre elles. En 2006 (dernières statistiques nationales disponibles…), la prévalence s’élevait à 6,3% (dont 4,7 traitée pharmacologiquement, 0,6% non traitée, et 1% non diagnostiquée). Tout indique que la situation ne s’est pas améliorée depuis.

Un suivi contraignant

Gérer son diabète, mesurer sa glycémie, ou se faire des injections d’insuline, peut nécessiter des aménagements d’horaires ou requérir de s’absenter ponctuellement de son poste de travail. Pour les diabétiques sous insuline, l’autosurveillance glycémique est recommandée au moins quatre fois par jour ; elle nécessite de se laver les mains, de prélever une goutte de sang sur un doigt et de lire la glycémie avec un dispositif adapté. Un suivi contraignant qu’il n’est pas évident de faire dans un cadre professionnel – ni sous le regard des autres.

Par ailleurs, les patients doivent régulièrement suivre un parcours de prévention des complications, qui les conduit à s’absenter pour subir tests et analyses.

Des cas d’interdiction professionnelle

C’est souvent au moment de l’orientation professionnelle que les jeunes découvrent qu’il y a des métiers « interdits » aux diabétiques (de Type 1 essentiellement) : armée, aviation civile, marine marchande, certaines catégories d’ingénieurs, taxis, chauffeurs poids-lourds, moniteurs d’auto-école, par exemple. Dans la fonction publique ces restrictions d’accès sont mêmes encadrées par la loi.

Un facteur de discrimination au travail

Comme d’autres maladies chroniques, le diabète est associé à des stéréotypes qui peuvent conduire à la stigmatisation et la discrimination. D’après l’étude « Diabète et travail » réalisée par l’Association Française des Diabétiques en 2013, en France 16% des patients ont déclaré avoir subi une discrimination liée à leur état de santé au cours de leur vie professionnelle. 21% ont perçu une détérioration de leur relation avec leur employeur après avoir révélé leur diabète, et 19% ont perçu une dégradation de leurs rapports de travail avec leurs collègues.

Pour ces raisons, nombreux sont ceux qui choisissent de cacher leur diabète (il n’existe aucune obligation légale de déclarer sa maladie à sa hiérarchie, ni lors de l’embauche, ni au cours de sa carrière). 33% des travailleurs atteints de diabète ont déclarer garder leur état de santé secret par crainte de rencontrer des difficultés dans leur vie professionnelle, mettant ainsi en péril la gestion au quotidien de leur maladie au risque d’entraîner la survenue de complications autrement plus lourdes : maladies cardiovasculaires, insuffisance rénale, cécité, amputations…

Mieux connaître le diabète

Comme souvent, la stigmatisation des malades au travail est intimement liée à la méconnaissance de la maladie. La Fédération Française des Diabétiques met à disposition des employeurs comme des employés un livre blanc « Diabète et Travail », disponible au téléchargement ici :

http://www.afd.asso.fr/sites/default/files/guide_diabete_et_travail_260514.pdf