Ecrit par Faustine Aziavi (Sarah Darmstadter) • Le 18/11/2014

J’en crois pas mes yeux : 5 saisons et que de changements !

Toujours plus drôle et incisive, J’en crois pas mes yeux, la webserie qui aborde le handicap avec humour, revient pour une 5ème saison. Jérôme Adam, le co-producteur, nous parle de l’évolution de cette série qui connait un succès grandissant.

RSE . Handicap. Discrimination

Toujours plus drôle et incisive, J’en crois pas mes yeux, la webserie qui aborde le handicap avec humour, revient pour une 5ème saison. Jérôme Adam, le co-producteur, nous parle de l’évolution de cette série qui connait un succès grandissant.

Manager Attitude : En cinq saisons, la série a-t-elle beaucoup changé ?

Jérôme Adam : D’abord, elle a évolué au sens où les thématiques se sont orientées, à partir de la saison 2, vers la sphère professionnelle.

Ensuite, en ce qui concerne la réalisation technique, la série est devenue, au fil des saisons, de plus en plus recherchée et professionnelle. Ces progrès ont d’ailleurs été reconnus, puisqu’elle a obtenu le prix de la meilleure réalisation à Cannes, en mai dernier.

Enfin, nous faisons évoluer la série en fonction des attentes de nos partenaires : alors qu’au départ les demandes portaient sur des catégories de handicap bien précises, comme la cécité ou les handicaps invisibles, elles ont par la suite porté sur des situations qui pourraient concerner n’importe quelle personne, même non handicapée. Nous arrivons aujourd’hui à une saison 5 où la diversité va être abordée au sens large, au-delà de la notion de handicap.

Prix de la meilleure réalisation à Cannes

M.A. : L’évolution de la série depuis la sphère privée vers la sphère professionnelle résulte donc essentiellement des demandes des entreprises partenaires ?  

J.A. : En effet, la série évolue en fonction des attentes exprimées en amont par les entreprises partenaires. Ce qui ne nous empêche pas de rester libres au niveau créatif.

Pour nourrir la série, nous effectuons un recueil de situations auprès des collaborateurs des entreprises partenaires, qui peuvent nous remonter des témoignages issus de leur environnement professionnel, mais aussi de leur environnement personnel. Nous nous inspirons donc toujours du vécu, du quotidien. Les auteurs ont ensuite carte blanche pour développer un concept et écrire les textes. Nous présentons enfin le résultat aux partenaires.

La saison 5 va marquer un tournant, car elle porte sur la diversité en général et pas uniquement sur le handicap

M.A. : Avez-vous le sentiment que le public a changé au fil des cinq saisons ?

J.A. : Le public de la série était d'abord plutôt spécialiste, et généralement concerné par le handicap. A partir de la saison 2, l’audience a quitté la sphère privée pour s’inviter chez des professionnels : psychologues, ergothérapeutes, etc. La série a ainsi été reprise sur des blogs. A partir de la saison 3, nous avons constaté une demande importante de la part des écoles, tendance qui s'est confirmée sur la saison 4.

M.A. : Quel avenir voyez-vous pour J’en crois pas mes yeux ?

J.A. : La saison 5 va marquer un tournant, car elle porte sur la diversité en général et pas uniquement sur le handicap, ce qui va encore élargir les publics concernés.

Par ailleurs, on voit aujourd’hui émerger des entreprises qui créent leurs propres webséries, avec des budgets conséquents. Nous serons peut-être ainsi amenés à répondre à des demandes plus particulières, « à la carte », car il n’est pas facile de fédérer plus de dix entreprises sur un même projet .

Si nos partenaires actuels sont toujours demandeurs et que notre modèle de financement participatif perdure, nous poursuivrons l’élargissement des thématiques de J’en crois pas mes yeux.

M.A. : Que peut-on souhaiter à votre projet ?

 J.A. : Dans l’absolu, que toujours plus d’entreprises jouent le jeu !

Avec la saison 5, nous aurons 30 épisodes sur un nouveau concept inédit. Ce qui serait formidable, ce serait que d’autres médias, notamment des chaines de télévision (les saisons 1 et 2 avaient déjà été reprises sur W9) s’intéressent à la série et décident de développer un programme court à partir de cette saison 5 : ce serait une belle réussite pour la série.

A titre personnel,j’ai écrit le scénario d’un film. J’aimerais donc que J’en crois pas mes yeux gagne en notoriété afin de continuer à faire progresser ces idées et de me permettre de réaliser mon film !

Age, religion, homosexualité, égalité…  Découvrez les premières images de la 5ème saison de J’en crois pas mes yeux