Ecrit par François Jeanne • Le 21/01/2015

Pizza Mirna à Pontoise : la Mairie reprend des forces

Rendez-vous sur la place de la cathédrale, au cœur de la très jolie ville médiévale de Pontoise, dans le Val d’Oise. Au menu de ce « J’irai déjeuner avec vous » de Noël, une rencontre passionnante avec des responsables RH de la Mairie.

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Rendez-vous sur la place de la cathédrale, au cœur de la très jolie ville médiévale de Pontoise, dans le Val d’Oise. Au menu de ce « J’irai déjeuner avec vous » de Noël, une rencontre passionnante avec des responsables RH de la Mairie, en proie aux doutes et parfois à l’incompréhension face aux restrictions budgétaires ou aux attitudes de la population. Sans pour autant se décourager, ni perdre le sens de l’humour face aux situations rencontrées.

Par François Jeanne, reporter pour Manager Attitude

 

Il règne une bonne chaleur dans la pizzeria où nous nous retrouvons à sept autour d’une table. L’hiver, à seulement huit jours de Noël, n’en finit plus de ne pas arriver.

Il y a là Mélanie Haynard, gestionnaire des titres Ticket Restaurant® pour la mairie de Pontoise, Catherine Potier et Laurence Chevalier, respectivement DRH et DRH adjointe, ainsi que Nelly Chevalier, qui encadre la population des ATSEM et des personnels de la petite enfance. Côté Edenred, Eric Ledoux accompagne Victor Genin, le directeur commercial régional, qui s’apprête à prendre un congé paternité à l’occasion de la naissance de sa petite fille.

L’occasion pour ces spécialistes des évolutions comportementales - quatre femmes, il faut le souligner, de relever que les mœurs évoluent. Et que désormais près de 20% des jeunes pères prennent effectivement du temps pour s’occuper de leur progéniture. « Une question de génération aussi, affirme Laurence Chevalier. Les choses vont dans le bon sens ».

Victor Genin plaisante sur le fait qu’il va ainsi couper aux multiples cérémonies de vœux qui rythment le mois de janvier des collectivités, avec les galettes des rois qui les accompagnent ou les complètent. « Ce n’est pas bon pour ma ligne », dit-il en prenant une photo de la salade verte qu’il vient de commander. Quelque chose à prouver ?

Economies sur les fèves

A vrai dire les galettes seraient en train de passer de mode. « Il faut réaliser des économies, alors on regroupe les évènements, on en limite le nombre » explique Mélanie Haynard. Qui se réjouit tout de même, en tant que responsable des activités sociales pour le personnel, de continuer à voir des gens souriants venir la voir dans son bureau.

Les convives se laissent aller à quelques confidences. C’est ainsi que j’apprends que la plupart des cadres de la collectivité n’habitent pas dans la ville même, une bien jolie cité pourtant. « C’est parce que la pression de la population sur les managers publics pour obtenir de petits avantages, qui a toujours existé, devient ingérable en temps de crise, avec un nombre croissant de sollicitations dans le domaine de l’emploi ou du logement » m’explique Nelly Chevalier. « Habiter à Paris, ou à l’Isle Adam, cela permet de décompresser un peu ».

Le cinéma dans tous ses états

Avec la proximité de Noël, l’ambiance est festive à table : les pizzas sont excellentes et si nous avons été (très) raisonnables sur le vin, le patron tient à tester notre palais avec son Limoncello maison.

Le sujet cinéma vient alors sur la table. Car votre serviteur, ayant habité quelques années l’agglomération, se souvient de la présence d’un cinéma d’art et d’essai à quelques mètres du restaurant. Mes voisines apprécient aussi les films « de genre » ou « à petit budget ». Laurence Chevalier se souvient « d’un grand moment de solitude lorsqu’elle s’est retrouvée presque seule dans la salle de l’Utopia pour voir un film iranien ».

Mais les demandes de leurs enfants, et tout simplement l’envie de se distraire, les amènent aussi à visionner quelques « blockbusters » dans les complexes Ciné de l’agglomération de Cergy-Pontoise. Un partage avec les adolescents, que Eric Ledoux cultive aussi pour les jeux vidéos : « j’ai été tellement effaré de la violence de certains d’entre eux, que je me suis mis à jouer avec mes enfants, à chaque fois qu’ils en testaient un nouveau, histoire de m’assurer de ce qu’ils voyaient ».

Avons-nous les mêmes valeurs ?

La conversation glisse sur les valeurs des nouvelles générations, et notamment le rapport à la consommation. Tout en reconnaissant leur incompréhension parfois, Catherine Potier et Laurence Chevalier soulignent que ce glissement des valeurs affecte toutes les classes d’âges. « Par exemple, quand nous avons mis les activités périscolaires en place à la rentrée, avec les ETAP, les parents d’élèves se sont étonnés et presque plaints que nous ne proposions pas, gratuitement, des cours de solfège et des entraînements sportifs » explique Nelly Chevalier.

La question des moyens de la collectivité croise aussi les attentes et les nouvelles attitudes de la population, « devenue très consumériste ». Face à la baisse régulière des moyens, le rôle même du DRH est questionné : « Il y a quelques mois, j’ai passé un entretien avec un jeune loup dans un cabinet de recrutement. Quand je lui ai parlé de mes actions en faveur de la GPEEC, il m’a stoppé net et m’a expliqué que c’était complètement has-been de se placer dans cette perspective, surtout si j’espérais séduire les gestionnaires qui recrutaient ».

Mais nous ne nous quitterons pas sur cette note mi-figue mi-raisin. A l’heure du café, c’est l’évocation de l’arrivée prochaine d’une caserne complète de la Gendarmerie nationale (section scientifique), avec 2,000 habitants et un quartier tout neuf, qui fait revenir les sourires sur les visages. Enfin un beau projet à mener, à l’échelle de la ville, et pour de nouveaux habitants. Le moral est sauf !