Ecrit par Stéphane Coviaux • Le 15/10/2015

Rubens à Marseille

Lors de la soirée l’Art de Déjeuner organisée à Marseille le 8 octobre dernier, nous avons consacré du temps à deux œuvres : Le déjeuner de pécheurs, d'Alphonse Moutte, et la Chasse au sanglier, de Rubens. Aujourd’hui, Stéphane Coviaux, historien d’art, présente le tableau du maître flamand.

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Lors de la soirée l’Art de Déjeuner organisée à Marseille le 8 octobre dernier, nous avons consacré du temps à deux œuvres : Le déjeuner de pécheurs, d'Alphonse Moutte, et la Chasse au sanglier, de Rubens. Aujourd’hui, Stéphane Coviaux, historien d’art, présente le tableau du maître flamand.

La « Chasse au sanglier » fait partie d’un ensemble de 4 tableaux commandés par Maximilien de Bavière (1573-1651) pour son château de Schleissheim. Ils furent réalisés entre 1615 et 1618. La commande portait sur le thème de la chasse, loisir aristocratique par excellence. La série est aujourd’hui dispersée : la « Chasse au crocodile et à l’hippopotame » est à Munich, la « Chasse au tigre » est à Rennes et malheureusement, la « Chasse au lion » a brûlé à Bordeaux en 1870.

La « Chasse au sanglier » est aujourd’hui l’une des œuvres maîtresses du Musée des Beaux-Arts de Marseille. On trouve dans ce tableau les grandes caractéristiques de l’art de Rubens : une capacité inégalée à rendre le mouvement, le talent de coloriste, la liberté de la touche, un souffle puissant qui anime l’ensemble de la composition.

De la bestialité au raffinement

Cette composition s’organise autour d’un centre : le sanglier. Les catégories de personnages se répartissent autour de lui en partant du bas à droite vers le haut à droite en faisant le tour de la toile. Une hiérarchie semble s’imposer au regard, nous conduisant de la bestialité des chiens jusqu’à l’humanité raffinée des dames dont les visages se détachent élégamment sur fond de ciel. La société de l’époque apparaît alors dans ses structures sociales…

Installé à Anvers à partir de 1609, Rubens (1577-1640) fut à la tête d’un atelier extrêmement florissant. Profondément sociable, il sut s’entourer des meilleurs talents d’Anvers et put répondre à de très nombreuses commandes en provenance de toutes les cours d’Europe.

Son long séjour en Italie et ses voyages dans les capitales étrangères lui ont donné une connaissance inégalée de l’art occidental. Profondément marqué par la Venise, il était l’adepte d’une peinture animée et haute en couleur qui eut une influence considérable sur les siècles qui suivirent.

Stéphane Coviaux - Les Ateliers du Regard