Ecrit par François Jeanne • Le 10/10/2016

Les aidants, un vrai sujet RH

A l’occasion de la journée des aidants du 6 octobre, l’ANDRH a rappelé le rôle d’accompagnement que les entreprises peuvent – et doivent ? – jouer auprès de ceux de leurs collaborateurs qui choisissent d’assister des parents ou des amis en situation de dépendance ou de maladie.

Ressources Humaines . Bien-être salarié. Handicap. Discrimination

A l’occasion de la journée des aidants du 6 octobre, l’ANDRH a rappelé le rôle d’accompagnement que les entreprises peuvent – et doivent ? – jouer auprès de ceux de leurs collaborateurs qui choisissent d’assister des parents ou des amis en situation de dépendance ou de maladie.

Selon les statistiques de la Maison des Aidants, 8.3 millions de français aident un proche – parents, enfants, amis – régulièrement. Parmi eux, un nombre important (15 à 20%) sont des collaborateurs en entreprise. Les circonstances de la vie, et aussi leur générosité, les amènent à soutenir une personne dépendante de leur entourage (perte d’autonomie, situation de handicap), pour les activités de la vie quotidienne. Cette aide peut être prodiguée de façon permanente ou non, et peut prendre différentes formes (soins, démarches administratives, activités domestiques…), rappelle l’ANDRH dans un communiqué publié à l’occasion de la Journée des Aidants, organisée sous l’égide du Ministère des Affaires Sociales et de la Santé.

Gérer les aidants, une question clé dès aujourd’hui

Si l’ANDRH se mobilise, ce n’est pas seulement par solidarité, mais aussi et surtout parce que la gestion humaine de ces situations préoccupe de façon croissante les DRH. Pour plusieurs raisons :

Allongement de la durée de vie :

Au-delà des chiffres actuels, la proportion d’aidants dans les effectifs des entreprises est appelée à augmenter dans les prochaines années, du fait de l’allongement de la durée de vie et de l’allongement des carrières.

Aménagement du temps de travail :

Les aidants ont des caractéristiques sociologiques particulières, qui doivent inciter les DRH à réfléchir à des approches spécifiques : ainsi, 23% des salariés de plus de 50 ans sont aidants et 50% d’entre eux ont recours à des aménagements du temps de travail. Les impacts sur l’organisation du travail sont donc réels, et importants. D’ailleurs, 64% des aidants aimeraient bénéficier d’un aménagement.

Une question délicate à aborder :

« 65% des aidants n’osent pas parler de leur situation à leur hiérarchie »

Ces personnes représentent aussi des risques : 48% déclarent avoir des problèmes de santé qu’ils n’avaient pas avant d’être aidants. S l’on rapproche ce chiffre de celui qui démontre que les femmes représentent 60% des aidants, et que 15% des salariés aidants estiment avoir été pénalisés dans leur évolution professionnelle, il est tout à fait souhaitable que les DRH se montrent proactifs dans la gestion de ces parcours individuels. D’autant que 65% des aidants affirment ne pas oser parler de leur situation à leur hiérarchie.

Faciliter la vie des aidants

Parmi les actions à entreprendre, l’entreprise doit évidemment faciliter la vie quotidienne de ces salariés (places de parking temporaires pour faciliter leur mobilité par exemple). Dans un registre plus ambitieux, elle pourra aussi valoriser les aidants. Ce qui ne devrait pas poser de difficultés : l’ANDRH souligne d’ailleurs que « les compétences cultivées par les aidants sont mobilisables par l’employeur : médiation, gestion de crise, gestion du temps… »

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