Ecrit par François Jeanne • Le 10/06/2015

Le Moulin Rouge, une marque à défendre

Bonjour Marie-Ange Ruet. Vous êtes responsable juridique de la marque « Moulin Rouge® ». Pouvez-vous nous parler de votre travail en quelques mots ?

Vente et Commerce . Titres restaurant. Déjeuner

Bonjour Marie-Ange Ruet. Vous êtes responsable juridique de la marque « Moulin Rouge® ». Pouvez-vous nous parler de votre travail en quelques mots ?

Depuis sa création en 1889, Le Moulin Rouge une propriété privée qui ne peut être assimilée à un monument du domaine public. Il ne se visite pas en tant que tel. Le Moulin Rouge constitue aussi la dénomination sociale du fonds de commerce, notre nom commercial et notre enseigne. Nous avons ainsi à la fois une enseigne mais aussi une image de marque à protéger et à défendre, au moyen des droits de propriété intellectuelle dont nous sommes titulaires.

Un aspect important de mon travail, c’est de veiller aux utilisations non autorisées de notre marque et, plus largement, de l’univers du Moulin Rouge qui a bâti sa renommée mondiale avec des revues de qualité et le tout aussi célèbre « French Cancan ».

Comment protégez-vous la marque ?

En procédant obligatoirement à des enregistrements pour des catégories de produits et de services auprès des offices de marques implantées sur le territoire mondial. Mais les contrefaçons restent nombreuses, notamment pour des spectacles vivants ou des établissements aux activités diverses et variées. Plus original mais non moins contestable, des couches pour chiens estampillées Moulin Rouge !

Fort heureusement pour notre budget de défense de la marque Moulin Rouge - qui ne peut être comparé à celui d’une multinationale, dans 95% des cas, ces situations se règlent à l’amiable grâce à la démarche pédagogique que nous avons décidé de privilégier par rapport à une démarche contentieuse.

Nous devons aussi développer et exploiter notre marque en signant des licences de marques, comme avec le Royal Winnipeg Ballet au Canada qui propose depuis plusieurs années un ballet classique, ou en 2001 avec la Twentieth Century Fox Film Corporation et Baz Luhrmann pour le film «  Moulin Rouge! ». Nous avons aussi des licences dans le domaine de la papeterie, de la joaillerie ou les cosmétiques.

Cette défense de la marque ne vous empêche pas de déjeuner j’espère ?

Absolument pas, et comme l’ensemble des salariés du Moulin Rouge, j’utilise le Ticket Restaurant®, auprès des nombreux restaurants du quartier qui proposent des formules adaptées à une clientèle de mi-journée.

Et que pensez-vous de la conversion du titre papier en carte à puce nominative ?

Il faut vivre avec son temps et, à l’ère de la carte à puce, je suis plutôt pour. En revanche, je regrette que le passage à la carte nominative prive son utilisateur des souplesses que lui procure le titre papier qui, j’en ai conscience, est parfois utilisé en dehors de la règlementation, par exemple le week-end ou le soir. Pour autant, j’assimile la disparition de ces souplesses, tout comme la dépense journalière fixée à 19 euros maximum, à une sanction qui risque de desservir la mise en place de la carte à puce auprès des utilisateurs, et la praticité qu’elle présente …

 

Photo : French Cancan ©Moulin Rouge