Ecrit par François Jeanne • Le 10/12/2014

Place Royale, Issey Miyake en mode déjeuner

La Place des Vosges est un lieu hors du temps, très parisien, porteur aussi d‘une certaine idée du luxe. L’endroit rêvé pour installer le siège français d’Issey Miyake, le « couturier volant » japonais ?

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La Place des Vosges est un lieu hors du temps, très parisien, porteur aussi d‘une certaine idée du luxe. L’endroit rêvé pour installer le siège français d’Issey Miyake, le « couturier volant » japonais ? En tous cas, un endroit magique pour ses collaborateurs, qui déjeunent tous les jours sur l’une des plus célèbres places du monde.

Par François Jeanne, reporter pour Manager Attitude

Vendredi 14 Novembre, 12h30 : il n’a fallu que quelques mètres, franchis sous les arcades de la Place des Vosges encombrées de groupes d’enfants en voyage scolaire, pour rejoindre le restaurant « La Place Royale ». Nous sommes au cœur historique de Paris, là où tout se trouve à portée de main – sauf une station de métro ! – de ceux qui y résident ou y travaillent. Ce qui est le cas de Véronique Petit, responsable Ressources Humaines, de Patricia Vernes, secrétaire et réceptionniste, et de Pascal Viguier, comptable d’Issey Miyake, dont nous allons partager le repas, Yahia Hamadache, chef des ventes chez Edenred, et moi-même.

Le serveur vient nous proposer une carte qui annonce l’hiver : soupe de légumes roborative, et pot au feu. Le ton est donné. Les commandes passées, le regard se porte naturellement sur la magnifique perspective de la Place. Ces trois collaborateurs d’Issey Miyake sont très attachés à l’endroit, même s’ils effectuent parfois de longs trajets quotidiens pour rallier leur bureau depuis La Garenne Colombes, Saint-Denis et même, record à battre, Creil dans l’Oise.

Un hasard qui a bien fait les choses

La discussion court sur les parcours professionnels. Surprise ! Aucun n’est arrivé dans la Mode par vocation, mais plutôt au gré des circonstances. Pascal Viguier, par exemple, a travaillé dans la grande distribution avant de rentrer voici huit ans chez Issey Miyake. « Un univers que je découvrais alors, sans curiosité particulière. Mais qui m’a vite séduit par ses rythmes particuliers, ses personnalités ». Le lieu de travail n’est pas non plus pour lui déplaire, lui qui apprécie de découvrir par exemple les nombreux restaurants alentours où, assure-t-il, « il n’est pas toujours nécessaire de dépenser des fortunes pour se restaurer, au moins le midi. Surtout si on dispose du Ticket Restaurant® ».

Patricia Vernes, elle-aussi, est devenue « Issey Miyake » un peu par hasard, il y a 22 ans. Elle a rapidement pris goût au rythme de vie soutenu de l’entreprise, qui propose « pas moins de quatre collections par an, deux pour les hommes et deux pour les femmes, sans compter les accessoires ou les parfums ». S’y ajoutent les deux boutiques parisiennes à gérer, ainsi que les « corners » dans les grands magasins, lieux privilégiés pour toucher les clientèles asiatiques en voyage à Paris, poursuit Véronique Petit.

La place des réglementations

Une géographie mais aussi un calendrier de la mode qui enflamme la discussion. Car les consommateurs des produits de luxe à Paris, sont souvent des étrangers, de passage pour quelques jours. Ils ne comprennent pas que les magasins puissent être fermés le dimanche, ou trop tôt en soirée. « Très clairement, c’est une disposition juridique qui fait perdre du chiffre d’affaires à notre secteur » confirme la responsable RH, qui n’est pourtant pas jusqu’au-boutiste : « je pense qu’il faudra desserrer un peu l’étau, pour élargir les plages d’ouverture des magasins. Mais il faut également préserver le repos dominical de ceux qui y tiennent, ne serait-ce que pour des raisons familiales ».

La réglementation française, celle du travail en particulier, n’est pas toujours facile à expliquer au sein d’un groupe international. « C’est peut-être un jeu de leur part, mais les anglo-saxons, en particulier, se plaignent souvent de nos lois, vues comme trop rigides. Qu’est ce qu’ils nous ont encore inventé ?!!! », semblent-ils penser. Véronique Petit referme le chapitre en reconnaissant que les contrôles de l’Urssaf lors des défilés de mannequins ont fini par avoir raison de la politique de l’entreprise en matière de mannequinat : désormais, elle ne traite plus qu’avec des agences.

L’entreprise multiculturelle, au quotidien

Alors que nous sautons la case desserts pour commander directement les cafés, Yahia Hamadache revient sur le thème de l’entreprise multiculturelle, dans un secteur d’activités aussi mondialisé que celui du luxe. La réponse collective fuse : « c’est passionnant ». Même si la distance avec la maison mère est importante, ce qui limite les échanges, d’autant que la direction européenne est basée à Londres.

Aussi, même si « le mélange de cultures est très intéressant » analyse Véronique Petit, ils ne sont peut-être pas aussi directs que, par exemple, dans un groupe où tout le monde parlerait la même langue. Avec cette anecdote étonnante : « Nous avons appris avec le temps que parler le japonais, de la part de collaborateurs qui ne le sont pas, n’était pas forcément bien vu ». Ce qui n’empêche pas, conclut-elle, « nos collègues japonais en visite à Paris, de se jeter avec gourmandise sur tout ce qui symbolise Paris et la France, langue comprise, et gastronomie aussi ! ».